De gauche à droite : Benoît QUERO, maire de Pluméliau (56) ;
Danielle EVEN, présidente d'Agriculteurs de Bretagne ; Philippe LE GOUX, maire de Pléguien (22) et Président de Leff Armor Communauté

De gauche à droite : Benoît QUERO, maire de Pluméliau (56) ; Danielle EVEN, présidente d'Agriculteurs de Bretagne ; Philippe LE GOUX, maire de Pléguien (22) et Président de Leff Armor Communauté

Agriculteurs de Bretagne. 148 collectivités en soutien

C’est une initiative unique en France. Depuis quelques mois, l’association Agriculteurs de Bretagne, qui milite pour une vision positive de l’agriculture bretonne, a lancé une charte de soutien à laquelle peuvent adhérer les collectivités. 148 communes ont signé, contribuant ainsi à renforcer le dialogue entre les agriculteurs et les habitants. Interview avec Danielle Even, la présidente d’Agriculteurs de Bretagne.

Comment est née la charte de soutien des collectivités ?
« Agriculteurs de Bretagne a sollicité les collectivités bretonnes afin qu’elles apportent leur soutien à l’association. En fait, beaucoup de communes nous ont contacté d’elles-mêmes. Elles voient ce que nous faisons toute l’année comme l’opération Tous à la ferme (25 fermes accueillent 25 000 visiteurs au mois de juin). Les communes sont déjà à nos côtés pour ce genre d’opération. Elles voulaient nous aider. Nous avons travaillé sur le sujet avec les élus locaux pour définir ce que pouvait être ce soutien. On ne voulait pas juste recevoir un chèque. Les élus locaux sont en interface avec nos activités. Cantine, circulation engins agricoles… Cette démarche nous permet de faire se rencontre agriculteurs et élus.

Que retrouve-ton dans cette charte ?
Elle comporte une liste non exhaustive de 10 actions. Chaque commune s’engage à en choisir au moins deux. Le record, c’est Plumeliau (56), qui a choisi les 10 ! Permettre aux écoles primaires et maternelles d’aller voir l’agriculteur, évoquer l’agriculture dans le bulletin communal, solliciter un agriculteur pour faire une porte ouverte, accueillir une expo itinérante sur l’agriculture bretonne ou encore proposer aux employés communaux qui le souhaitent une information sur l’agriculture de la commune.

Les communes s’engagent également financièrement ?
Les communes signataires s’engagent à contribuer annuellement à l’association à hauteur de 0,10 € par habitant. Cet argent va servir principalement à développer l’opération « Tous à la ferme ». Il s’agit d’un événement local, cela va dans le sens de la charte.

Le soutien des élus est primordial ?
Il est très important. Aujourd’hui, il n’y a pas une journée, pas un journal, ou l’agriculture n’est pas évoquée. Le soutien des collectivités est important car le conseiller municipal ou communautaire est le mieux placé pour faciliter la discussion, une discussion apaisée qui permet d’aller plus loin. Une discussion sans dogme et sans commandement venant de Paris. Les vrais changements viendront de là.
Il y a 10 jours, à Quessoy, nous avons pris une heure pour parler d’agriculture au conseil municipal. Nous avons évoqué la formation, l’alimentation en produits locaux, on a parlé circuits courts et longs et attractivité. J’espère que bientôt ces discussions seront régulières.

Combien de collectivités sont engagées à vos côtés ?
Au 15 janvier, directement ou via leur communauté de communes, 148 communes soutiennent Agriculteurs de Bretagne. Et en moins d’un an… (la Bretagne compte 1232 communes NDLR).
Pour l’instant, les adhésions sont plutôt rurales car le sentiment d’appartenance à la communauté agricole est plus fort. Mais nous avons besoin de toutes les communes. Moi, je rêve d’aller à Rennes !

Les Bretons aiment-ils toujours leur agriculture ?
Je le pense. Un sondage national publié en septembre montrait que 74 % des Français font confiance aux agriculteurs. Or, traditionnellement, les chiffres de la Bretagne sont plus haut qu’au national.  L’affection des Bretons pour leurs agriculteurs ne s’est jamais démentie. Il y a une minorité hostile qui se fait entendre en France, et en Bretagne, c’est certain. Mais il ne faut pas croire que cela représente la majorité. C’est pour cela que nous devons continuer à expliquer au mieux, aux Bretonnes et au Bretons, ce que nous faisons au quotidien pour produire une alimentation de qualité »

Julien Perez
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