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Aéroports. Un seul pilote pour Brest et Quimper

Les aéroports de Brest et Quimper auront bientôt une société de gestion commune. C’est déjà le cas pour Rennes-Dinard et Nantes-Saint-Nazaire. Lorient voudrait aussi se rapprocher de Nantes…

La Bretagne compte de nombreux aéroports. Onze au total si on élargit à Nantes. C’est beaucoup. C’est sans doute trop mais certains d’entre eux comme Morlaix et Dinard pour la maintenance d’avions ou les formations et Saint-Nazaire pour la société Airbus ont des activités qui relèvent plus de la plate-forme aéroportuaire que du simple aéroport.

Cette densité, en partie liée à la périphéricité de la Bretagne, génère des coûts de gestion dont la crise économique a fait office de révélateur. Quand tout le monde se serre la ceinture, la chasse aux coûts est ouverte et les Conseils régionaux ne sont pas les derniers à s’en soucier depuis que la loi de 2007 leur a transféré la charge de la plupart des aéroports français, à l’exclusion des grandes plate-forme à vocation internationale.

La main ferme de la Région

L’une des clefs de cette chasse aux coûts, c’est le rapprochement entre aéroports voisins. L’exemple a été donné avec la mise en gestion commune des aéroports de Rennes et Dinard, sous l’égide d’une société d’exploitation groupant la CCI de Rennes et la société Vinci-Airports, très présente en Bretagne puisqu’on la trouve également à Nantes, Saint-Nazaire ou encore Quimper.

Cette alliance, permettant une mutualisation des compétences et des services proposés, permet une offre plus globale mais aussi de un pouvoir de négociation renforcé auprès des compagnies aériennes.

Le conseil régional avait poussé à ce rapprochement et c’est tout naturellement qu’il vient de faire la même démarche entre Brest et Quimper, mais cette fois sans laisser d’autre alternative. Les deux villes n’auraient sans doute pas réalisé elle-même ce rapprochement tant il y a encore de distance dans les esprits et un mode de gestion différent actuellement : a Brest, c’est la CCI qui tient les commandes, à Quimper c’est Vinci. Mais avec des résultats contrastés. Avec son million de voyageurs, Brest a atteint un palier élevé alors que Quimper enregistre un gros trou d’air avec moins de 80.000 voyageurs et une baisse de 11% d’une année à l’autre. Les élus de Cornouaille n’hésitent d’ailleurs pas à faire porter le chapeau de cette désaffection à l’opérateur Vinci.

Trois candidats

La Région a donc fait jouer à plein l’autorité qu’elle exerce sur les deux aéroports. A l’occasion du renouvellement de délégation de service public, elle a lancé un appel d’offres commun aux deux aéroports. Autrement dit, l’organisme qui veut avoir Brest doit obligatoirement prendre Quimper sous son aile, dans la droite ligne de ce qui a été effectué à Rennes-Dinard. Trois candidats ont été pour l’instant retenus : un consortium mené par les CCI de Brest et Quimper, la société Vinci Airports et la société d’origine canadienne Lavalin qui gère une dizaine d’aéroports en France.

La rapprochement bresto-quimpérois est d’ores et déjà inscrit dans les faits et d’autres pourraient donc suivre. A Lorient, aéroport a double vocation civile et militaire, l’ex-directeur Romain Papy, a souligné, au moment de son départ que « la CCI du Morbihan n’a sans doute plus les moyens de gérer seule cet aéroport ». Il prône un rapprochement avec Nantes.

René Perez
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