Aéroport de Rennes. Un record qui interpelle

En cette année 2016, l’aéroport de Rennes enregistre une progression record avec une hausse à deux chiffres. Depuis janvier, le trafic est en hausse de 18% et même de 24% sur le mois de juillet. Une spectaculaire croissance qui pose question tant cette plate-forme aéroportuaire a suivi, depuis dix ans, une trajectoire diamétralement opposée à celle de Nantes, séparée pourtant de quelques dizaines de kilomètres à peine. Ce qui, à l’échelle des infrastructures aéroportuaires, ne représente qu’un gros saut de puces, surtout quand il s’agit de trafic international.

Or, à l’heure où le projet de Notre-Dame-des-Landes revient sans cesse dans une actualité bouillonnante, on ne peut que s’étonner de constater que Nantes a connu, depuis une dizaine d’années, une progression vertigineuse de sa fréquentation alors que Rennes traversait curieusement de gros trous d’air. Certes, il n’y a pas des régulation du trafic aérien en France mais comment comprendre que deux aéroports quasi-voisins aient connu des trajectoires aussi opposés, comme si on avait voulu faire le forcing sur Nantes pour légitimer à tout prix la création d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Les chiffres parlent d »eux-mêmes. En 2007, le trafic de Rennes est environ quatre fois inférieur à celui de Nantes : 536.000 voyageurs pour l’un, 2.154.000 pour l’autre. Et puis les trajectoires s’inversent spectaculairement : Nantes passe les 3 millions en 2010 puis les 4 millions en 2014. Et Rennes pendant ce temps là ? Le trafic baisse sensiblement pour descendre jusqu’à 411.000 en 2010 avant de remonter peu à peu jusqu’à 539.000 en 2015. Autrement dit, l’an dernier, l’aéroport a retrouvé l’équivalent de son trafic de 2007 (536.000) alors que Nantes a gagné deux millions de voyageurs supplémentaires depuis cette date ! Autre indicateur frappant : si le trafic nantais était quatre fois supérieur en 2007, il est aujourd’hui huit fois plus important, avec 4.394.000 voyageurs contre 539.000.

Entre ces deux aéroports, le principe des vases communicants n’a vraiment pas fonctionné alors que de longue date, les partisans de Notre-Dame-des-Landes mettent en avant la saturation du ciel nantais et les nuisances de plus en plus insupportables. Pas loin de là, celui de Rennes tournait au ralenti et d’autres (comme Saint-Brieuc) restaient cloués au sol.

Que Vinci soit aujourd’hui le gestionnaire des deux aéroports de Nantes et Rennes pourrait poser quelques questions sur la stratégie mise en place, avec forcing sur la plate-forme nantaise pour légitimer la création de Notre-Dame-des-Landes. Mais l’arrivée de cette société dans ces deux équipements, longtemps gérés par leurs Chambre de commerce, est relativement récente, ce qui lève quelques suspicions de stratégie biaisée.

Il n’empêche : on a longtemps dit que si Rennes ne décollait pas vraiment, c’était à cause de ses équipements. Cette année 2016 prouve pourtant que quand on veut, on peut. Au moment où le projet de Notre-Dame-des-Landes patine sec, Rennes vole soudain de record en record. Etonnant, non ?

René Perez
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