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Activités maritimes. Qui perd et qui crée des emplois ?

PACA (126.000) et Bretagne (80.000) sont les régions qui concentrent le plus d’emplois liés à l’économie maritime, selon des chiffres publiés par l’Insee. Les activités traditionnelles perdent des emplois mais le tourisme en a créé 16.000 en six ans. Non délocalisables...

L’Institut de la statistique vient de publier une batterie de chiffres sur l’économie maritime qui placent sans surprise Provence-Alpes-Cotes-d’Azur (PACA) et la Bretagne aux deux premiers rangs des régions les plus pourvoyeuses d’emplois. Cela correspond à environ 6% de l’emploi total de ces deux régions alors que la moyenne est de 3% dans les autres régions littorales. On notera toutefois que Paris totalise 21.000 emplois liés à l’activité maritime. Parmi eux les agents du siège de l’Ifremer qui poussent des cris d’orfraie à l’idée de venir au bord de la mer, du côté de Brest. Mais bon, il faut bien reconnaître que ces transferts ne sont jamais une partie de plaisir pour les familles concernées.

Pêche : moins 3.000

Les statistiques de l’Insee ont le mérite de la globalisation même s’ils donnent l’impression de sentir un peu le poisson pas frais puisqu’ils portent sur la période 2006-2012. Mais ce sont les éléments les plus récents et donc les plus parlants. Ils indiquent que durant cette période «  la pêche en mer a perdu plus de 3 000 postes, soit 20 % de ses effectifs. Ceci fait suite à la diminution des stocks de poissons en Atlantique nord-est et en mer Méditerranée, mais aussi à la politique de réduction du nombre de navires, divisé par plus de deux depuis 1983 », indique l’Insee qui relève que le commerce de poissons a subi une baisse équivalente avec la disparition de nombreuses poissonneries au profit des grandes surfaces. Pour autant, dans le même temps, les entreprises de transformation et de conservation de poissons ou crustacés ont créé 700 postes.

L’aquaculture a réussi à maintenir ses effectifs autour de 9.000 emplois sur cette période, malgré des difficultés récentes dans le secteur de la conchyliculture, autrement dit toutes les activités liées aux coquillages. L’aquaculture, comme nous l’avons indiqué ici, est considérée comme une piste de croissance dans la stratégie européenne liée à la mer. Manuel Valls y a récemment fait référence en regrettant qu’il n’y ait eu aucune création véritable depuis quinze ans en France en raison notamment des oppositions frontales que soulèvent les projets.

Tourisme : plus 16.000

De son côté, l’industrie de la construction navale a également perdu 6.700 emplois suite à la crise économique et à la forte diminution de la demande sur la période. Toutefois, la réparation navale a créé 2 300 emplois. Enfin, note l’Insee, dans un contexte de forte compétition entre les grands ports européens, surtout en mer du Nord et en mer Méditerranée, les activités de transport maritime et fluvial ont également subi 4. 000 pertes d’emplois, malgré une augmentation de 3.000 postes dans les transports maritimes et côtiers de fret.

Dans ce panorama, un seul secteur affiche résolument un solde net de créations d’emplois. Il s’agit du tourisme littoral qui, sur la période considérée, a créé 16.000 emplois. Et aucun n’est délocalisable !

 

Julien Perez
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