Les abeilles aussi préfèrent le climat breton

Records battus ! Cet épisode de canicule a plongé la France sous un soleil de plomb et braqué les projecteurs sur le climat breton, élevé sur le champ au rang de refuge climatique dans un pays en surchauffe. Cet intérêt soudain a d’ailleurs démontré, plus encore que d’ordinaire, que la Bretagne a la particularité de proposer un éventail très large de climats locaux et qu’il peut y avoir 12 à 15 degrés d’écart entre le littoral finistérien et certaines cuvettes d’Ille-et-Vilaine. Faut-il rappeler à ce propos que la région s’étale sur près de 300 kilomètres de longueur, de Brest au portes de Laval, et qu’on y passe d’un climat océanique bien ventilé à un climat continental plombé, avec les Monts d’Arrée en garde-barrière pour empêcher certains nuages de passer. Du reste, même entre le nord et le sud Bretagne, cet épisode a aussi révélé de beaux écarts de températures.

Mais globalement, c’est bien ce climat tempéré qui a valu aux Bretons d’être soudain enviés alors que d’ordinaire, les facéties du climat breton sont souvent brocardées, et pas seulement par les humoristes. Mais les bipèdes que nous sommes ne sont pas les seuls à apprécier ces températures respirables et sans énormes variations du mercure. Les abeilles elles aussi s’accommodent plutôt bien des particularismes bretons, du moins si l’on en croit un bilan que vient de dresser l’Union nationale de l’apiculture française, faisant le point sur les six premiers mois de l’année. Elle constate que sur la quasi-totalité du territoire national, le rendement des ruches a été désastreux en raison notamment d’un printemps pourri qui n’a pas offert aux butineuses la floraison qui constitue l’essentiel de leur garde-manger. Au point qu’il a même fallu nourrir certaines ruches alors qu’en temps normal, c’est l’inverse qui est de mise.

Une situation inédite depuis des décennies, affirme cette union nationale en remarquant que seule la Bretagne réussit à s’en sortir en cette première partie de l’année 2019. Alors, les ruches de l’Hexagone dégoulinant vont-elles à leur tour chercher le refuge climatique sous le ciel clément d’Armorique ? De la forêt de Brocéliande aux landes de la pointe bretonne, il y a largement de la place pour celles qui voudraient essaimer.

René Perez
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