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A Brest, Quiet-Oceans chasse les bruits sous-marins

Après le naufrage de l’Amoco-Cadiz, les premiers plongeurs sur le site ont fait un double constat. L’épave démembrée émettait un bruit de tôles continuel au milieu des violents courants du Nord-Finistère et la faune sous-marine était quasi absente, alors que d’ordinaire les épaves attirent les poissons. Pas besoin d’être un spécialiste du monde du silence pour faire le lien entre ces deux constats. Les poissons n’aiment pas le bruit venant d’ailleurs.

Depuis, on a pu mesurer qu’il existe des pollutions sonores sous la mer, comme si chez nous quelqu’un venait jouer du marteau piqueur 24 heures sur 24. Soit on déménage, soit on devient à moitié fou. Dans le monde sous-marin, ça donne des espèces qui disparaissent pour partir vers d’autres eaux ou des cétacés tellement perturbés qu’ils viennent s’échouer sur le littoral, avec parfois des allures de suicide collectif.

Un trophée de l’innovation

La pollution sous-marine est aujourd’hui un fléau que personne ne peut contester, avec des effets néfastes pour certaine espèces littorales, que ce soit sur des routes de trafic maritime ou à l’occasion de grands travaux le long des côtes. Une directive européenne a enjoint tous les pays de la Communauté de prendre en compte cette donnée dans toute les études d’impact environnementaux, liées à des travaux ou des installations sous-marines.

Une aubaine pour Quiet Oceans, start-up brestoise justement spécialisée dans la détection des bruits sous-marins, notamment pour aider les aménageurs à réduire les nuisances, qu’ils soient continus à longueur d’année ou se produisent épisodiquement. Elle vient même d’obtenir, Paris, un trophée international d’innovation et de développement durable pour sa mise au point d’une plateforme-bouée capable de faire la distinction entre les bruits naturels et ceux liés à l’activité humaine. Ce qui fait de la start-up brestoise, l’un des grands spécialistes européens dans ce domaine d’activité aux implications vitales pour certaines espèces animales et donc la préservation du monde sous-marin.

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