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À Brest, l’éolienne flottante a quatre bras !

Faut oser ! Dans un univers concurrentiel qui nécessite de gros investissements pour produire des engins gigantesques, une petite société brestoise s’est lancée sans complexe mais pas sans atouts. La start-up Eolink, créée à Brest, a investi le domaine des éoliennes marines avec ses petits bras musclés et un projet calibré : l’éolienne à quatre bras.

Comme sur le plancher des vaches, les éoliennes flottantes s’articulent généralement autour d’un bras unique sur lequel tourne une hélice géante. Mais Marc Guyot, lui, a opté pour une autre concept qu’il juge plus fiable : l’éolienne pyramidale. Quatre bras supportant l’hélice ce qui, selon lui, garantit une meilleure résistance dans un milieu doublement hostile, sous les chocs des vagues et la violence des vents.

Ex-ingénieur de chez Renault mais aussi titulaire d’un master spécialisé en énergie renouvelables, il monte son projet par étape. D’abord avec le concours d’Ifremer pour tester en bassin une première maquette de son prototype, à l’échelle 1/50e. L’essai a été probant puisque les extrapolations, faites à partir de ces tests en bassin, indiquent que cette maquette a résisté à des vagues équivalentes à 20 mètres en mer. Cette fois, on passe à une autre échelle avec un modèle qui fera 22 mètres de hauteur, soit 1/10e de la taille réelle de la future éolienne. Du moins si le projet aboutit. Et ce n’est pas dans un bassin mais en mer, dans le nord de la rade de Brest,  que sera mouillée cette éolienne flottante, probablement cet été. 

Le test sera cette fois plus sévère puisqu’il faudra que cette structure supporte tous les coups de tabac de l’hiver prochain et l’effet conjugué des courants et des vagues. Au printemps 2019, Marc Guyot saura si son éolienne a un avenir. En réussissant récemment une levée de fonds d’un million d’euros, il a en tout cas reçu le soutien de partenaires qui croient en lui. 

Après les espoirs qu’avaient suscité de grands groupes comme Areva et Alstom, jetant finalement l’éponge en abandonnant le secteur de l’éolien marin, l’avenir passe aussi peut-être par des start-up trouvant le bon créneau. Celui de Marc Guyot tient en quelques chiffres : 220 mètres de hauteur, une base de 60 mètres sur 70 et une puissance installée de 12 Mgw. Soit l’équivalent d’une dizaine d’éoliennes terrestres moyennes.

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