echalotte

Et si l’échalote bretonne l’avait dans l’oignon ?

Le ramassage de l’échalote, c’est notre vendange à la bretonne, notamment en Finistère, qui produit près des trois quarts de la production française à lui seul. Seulement voilà, les producteurs qui plantent inlassablement leurs bulbes à la main en ont gros sur la patate : certaines variétés d’ « échalotes » de semis hollandaises sont en fait des oignons déguisés !

Essayons de comprendre le drame qui se joue discrètement dans nos assiettes, et qui peut mettre à mal l‘authenticité de la sauce au beurre blanc de mémé. Une échalote, traditionnellement, ça se plante. Depuis Charlemagne en France, c’est ainsi.

Or il n’est plus rare de consommer des échalotes issues de semis, cultivées de manière industrielle aux Pays-Bas. C’est à dire semées, comme le cousin direct de l’échalote, l’oignon.

Un peu de botanique

Si nous voulions rentrer dans le détail, nous préciserions qu’un plant d’échalote, contrairement au semi d’oignon, ne produit ni fleur ni graine : l’échalote s’obtient par la multiplication végétative et son bulbe donne naissance à une touffe de bulbes. Cette technique de la touffe demande en moyenne 450 h de travail par hectare, contre 50 h pour les hybrides oignons semés et récoltés mécaniquement.

Forcément, les prix sont impactés : l’imposteur inscrit sous l’appellation « échalote » représente plus de 10% du marché français et continue son ascension. Et la vente d’échalote traditionnelle, dont l’appellation est drastiquement stipulée sur les emballages, chute à -30%. En 2015, les producteurs se sont même retrouvés en surproduction : 3 000 tonnes détruites sur les 40 000 récoltées en 2015… Et la RN12, au passage de Morlaix, s’en souvient encore.

Quand l’oignon sème le doute…

En fait, depuis 2006, la Cour de Justice Européenne autorise l’hybride liliacée néerlandaise à se faire appeler « échalote »… à partir du moment où le produit respecte le protocole européen sur l’inscription des variétés. Furax, nos producteurs planteurs ont bien demandé le retrait des variétés trompeuses du catalogue européen, et du même coup l’interdiction de commercialiser ces graines sacrilèges. Sans succès.

Une nouvelle étude de deux ans est en cours pour établir ce qui peut à juste titre être appelé « échalote ». Affaire à suivre, mais pas avant 2019.

Fanny Degorce
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