2016. Le big banque !

Du bon et du moins bon. Pour les clients des banques, cette année 2016 introduit des innovations marquantes dans le système bancaire. Elles vont d’un côté alourdir les frais bancaires mais de l’autre empêcher les banques de continuer à se livrer à certains travers depuis longtemps dénoncés. A chaque client de savoir si la balance lui est ou non favorable.

2016 marque d’abord la généralisation des frais pour tenue de comptes courants. Ce qui était l’exception devient la règle puisque la plupart des établissements bancaires vont, à partir de ce 1er janvier, facturer la tenue de comptes courants qui pourtant mettent à leur disposition plus de 300 milliards d’euros de dépôts non rémunérés. Les associations de consommateurs ont eu beau ferrailler contre cette mesure, elles n’auront pas réussi à arrêter un mouvement irréversible que toutefois n’ont pas suivi les banques en ligne. Le première qui ose le faire signerait sa perte.

Mais comment savoir exactement combien les unes et les autres facturent leur prestation ? On en aura bientôt une idée précise avec la création d’un comparateur public des tarifs bancaires dont la mise en service est annoncée pour la fin de ce mois de janvier. Il devrait contenir une quinzaine d’indicateurs chiffrés sur chaque établissement et donc permettre, par transparence généralisée, de faire jouer une véritable concurrence.

Parmi ces indicateurs figureront les frais d’incidence bancaire, ce coup de massue qui s’abat généralement sur les comptes des moins bien nantis. Un défaut de provision ou un dépassement de découvert autorisé… Et ce sont des frais automatiquement débités par la banque, sans aucun préavis. Du moins était-ce la règle jusqu’à présent car à partir de ce 1er janvier, les banques seront tenues de prévenir les clients au moins 14 jours avant de débiter leurs comptes pour frais d’incidence. Les clients seront moins pris de court et plus à même de prendre des dispositions.

Dans ce bouquet d’innovations figure aussi la nouvelle loi dite Eckert qui oblige les banques à faire preuve de plus de zèle pour rechercher les bénéficiaires de comptes inactifs et de contrats d’assurance-vie en déshérence qui, à eux seuls, représentent plusieurs milliards d’euros. Ce sont des contrats souscrits par des personnes brutalement décédées ou gravement atteintes par une maladie sans avoir prévenu leurs proches de l’existence de ces comptes. Un rapport parlementaire a mis en évidence la négligence, voire la mauvaise volonté manifeste de certaines banques à rechercher les bénéficiaires de ces assurances dont la déshérence contribue à gonfler leurs réserves. Des règles beaucoup plus strictes sont introduites, tout comme sont désormais limités les frais bancaires perçus sur des comptes inactifs, souvent pour cause de décès. Les frais appliqués par certains établissements finissaient par vider complètement ces comptes au bout de quelques années.

Toutes ces mesures cumulées font de 2016 une année charnière dans les rapports entre les banques et leurs clients. Et à ce titre, elle devraient alimenter les conversations. Voire les contestations.

René Perez
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