1er mai. Mais pourquoi le muguet est-il nantais ?

1er mai rime avec muguet. Et avec pays nantais. Car c’est en Loire-Atlantique, autour de l’ex-capitale de la Bretagne, qu’est cultivé entre 85 et 90 % du muguet est ensuite distribué en express, dans toute la France, pour être sur les étals du 1er mai. Pile-poil. Ni la veille ni le lendemain.

Cette spécialité nantaise, il ne faut pas aller chercher dans une tradition qui remonterait aux racines du Moyen-Age ou même à celle du muscadet. Elle tient juste à une disposition technique : les chassis utilisés en agriculture. Dans le pays nantais, les maraichers qui ne craignaient pas l’innovation s’étaient lancés dans ce type de culture qui produisait de l’effet de serre avant l’heure.

Dès le début du XXe siècle, ils s’équipèrent de chassis, ces verrières courtes sur patte qui produisent de la chaleur et accélèrent la pousse des légumes. C’est ainsi qu’ils devinrent de gros producteurs de carottes avant de sediversifier dans d’autres cultures come le melon. Et voilà que la tradition du muguet du 1er mai se répandit tellement, que la demande devint très forte mais qu’on ne parvenait pas à alimenter les villes.

Installer des chassis spécialement pour le muguet ? Impensable de se lancer dans de tels investissements pour une production d’un jour. Alors les maraichers nantais eurent l’idée de faire du muguet une production complémentaire des carottes ou des melons. A l’amorce du printemps, on vire les légumes et on plante le muguet. Et le tour était joué.

Porte-bonheur depuis longtemps

Le muguet devient donc une culture locale mais la tradition du muguet du 1er mai remonte très loin. A la fin du Moyen-Age, déjà, on l’offrait comme porte bonheur et le 1er mai y était déjà attaché car c’est à cette date qu’il arrive à sa maturité et plein des promesses du printemps. Au début du XXe siècle, il devint aussi de tradition que les couturiers parisiens offrent du muguet à leurs ouvrières, le 1er mai. Mais le grand envol de cette fleur, on le doit à la fête du travail, instituée par Pétain en 1941, date tardive puisque cette fête était célébrée de longue date aux Etats-Unis d’abord puis dans d’autres pays.

Associé à cette fête, le muguet devint double symbole du porte-bonheur et de la Fête du Travail, faisant aussi le bonheur des maraichers du pays nantais pour qui cette production s’apparente à un véritable sprint pour relever un double défi : trouver 7.000 saisonniers pour produire 90 millions de brins. Et pour ce muguet du 1er mai, faut pas chômer !

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