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1956. L’alcool interdit à la cantine scolaire

En cette année 2016, on fête l’anniversaire d’événements qui ont marqué l’Histoire. Comme le mariage de Brigitte Bardot et Gunther Sachs en 1966, l’Oscar attribué en 1976 au film Rocky avec Sylvester Stallone dont la grand-mère était Brestoise ou encore la « Main de Dieu » qui permit à Maradona d’offrir à l’Agentine sa deuxième Coupe du monde en 1986.

Mais parmi tous ces anniversaires marquants, il ne faudrait pas oublier un événement qui a changé la vie de millions d’écoliers en 1956 : l’alcool est interdit dans les cantines scolaires. Un obscur ministre, dans doute gagné à son tour par la mode de l’hygiénisme galopant, décide d’interdire l’alcool à nos chères têtes blondes pour accompagner leurs patates à la cantoche. Si c’est pas malheureux !

Eh oui, en ces temps où la qualité de l’eau était un sujet d’inquiétude quasi-constant depuis les Romains, la France laborieuse avait nettement plus confiance dans les produits des vignes du Seigneur. Et il n’était pas rare que le travailleur de force consomme cinq ou six litres de vin au long de sa journée de labeur où les 35 heures/hebdo ne peuplaient encore aucun songe de la classe ouvrière. Même pas en rêve !

Sait-on par exemple, qu’aux premiers Jeux olympiques de 1896, le vainqueur du marathon avait emporté une gourde de vin. Et personne ne l’avait fait souffler dans le ballon de foot. Donc, le vin était alors considéré comme une boisson plus hygiénique que l’eau ferrugineuse et toutes les strates de population étaient concernées. Y compris les gamins.

On sait que dans certaines régions, on mettait parfois un peu de gnôle dans le biberon des enfants pour les aider à dormir. Et ça marchait ! Dans les écoles, on l’a aujourd’hui oublié, certaines cantines mettaient un peu de vin dans leur eau pour la purifier, ce qui avait probablement pour effet de calmer les gamins l’après-midi et de les inciter plus à un petit roupillon qu’à confectionner des boulettes pour les envoyer sur les potes assoupis.

Mais les bonnes choses n’ont qu’un temps. Et en 1956, un ministre dont nous tairons le nom a décidé de remettre les mouflets à l’eau et au lait, mettant fin à une habitude séculaire. Du moins pour les moins de quatorze ans car au-dessus, on pouvait continuer à servir, précise l’arrêté. Il stipule également que les enseignants doivent vérifier que les enfants venant à l’école avec des casse-croûte n’ont pas aussi, dans leur cartable, un remontant  à faire grimper l’Alpe-d’Huez à un cycliste paralytique.

Donc, il y a soixante ans tout ronds, si on ose dire, l’alcool fut banni des cantines scolaires pour les moins de 14 ans. Pour commémorer cet anniversaire, on ne lèvera bien sûr pas notre verre et on conseillera à tous nos lecteurs de bien vouloir consommer ces quelques lignes avec beaucoup de modération.

 

René Perez
1 Commentaire
  1. Pourquoi taire le nom du Ministre moralisateur !! Il doit être mort aujourd’ hui de toutes manières !! L’ information tronquée fait un peut figure de censure !!

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