Le 13 décembre 1918 le Président Thomas Woodrow Wilson et son épouse débarquant du navire ''Georges Washington' à Brest.(archives-finistère.fr)

Le 13 décembre 1918 le Président Thomas Woodrow Wilson et son épouse débarquant du navire ''Georges Washington' à Brest.(archives-finistère.fr)

1917. Trois Présidents américains séjournent à Brest

La présidentielle est passée, les législatives aussi… On va enfin pouvoir parler d’autre chose. Mais il reste quelques exercices imposés à accomplir, notamment pour le Président de la République qui est aussi Chef des Armées et qui, à ce titre, devrait prochainement venir à l’Ile-Longue, près de Brest, dans la base des sous-marins nucléaires. Certes, dès sa prise de pouvoir, Emmanuel Macron s’est rendu au Mali pour apporter son soutien aux troupes engagées sur les théâtres de guerre, en territoires étrangers. Mais la tradition veut aussi que chaque nouveau Président vienne à l’Ile-Longue prendre symboliquement le commandement de la force stratégique française. Pour un Président jupitérien, ce serait la moindre des choses…

Wilson : humaniste et ségrégationniste…

De Présidents, il en est également question, ces jours-ci à Brest où l’on célèbre le centième anniversaire du débarquement de 800.000 soldats américains, en 1917, s’installant pour quelques jours de préparation avant de mettre le cap sur le front.

Parmi tous ces Américains qui auront ainsi transité par Brest, on compte pas moins de trois Présidents des Etats-Unis, un en fonction et deux qui le devinrent plus tard.

D’abord Woodrow Wilson (Notre photo) dont une place de Brest porte le nom, y vint à deux reprises vers la fin des hostilités. Considéré comme un grand artisan du rapprochement des peuples et père de la future Société des Nations (l’ONU actuel), Prix Nobel de la Paix en 1917, ce bon Woodrow était tout de même un drôle d’asticot, faisant un grand écart assez sidérant dans ses principes humanistes. Comme le remarque l’historien brestois, Alain Boulaire, il était ouvertement ségrégationniste, considérait les Noirs comme une race inférieure et alla même jusqu’à affirmer que le Ku Klux Klan fut une des plus glorieuses créations des Etats-Unis. Le genre de détails qui, de nos jours, lui vaudraient plus assurément un coup de pompe dans le derche qu’un Prix Nobel de la Paix.

Truman : « Brest is wonderful»

Deux autres futurs présidents américains séjournèrent eux aussi à Brest durant la guerre. Franklin Delano Roosevelt, alors Secrétaire d’Etat à la Marine y passa lui aussi après avoir été, quelques années plus tôt, adversaire de Wilson à la présidentielle. Il se fera élire Président après lui. Mais il y eut aussi ce bon Harry Truman, simple officier lorsqu’il passa par Brest avant d’être plus tard Président des Etats-Unis. Alain Boulaire rapporte que dans les lettres qu’il envoya à sa fiancée, il cite Brest comme une ville magnifique et se demande si Paris peut être aussi beau. Un homme de goût, ce bon Harry !

Pierre Vincent
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