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18 juin 40 . 736 tonnes d’or quittent Brest

L’affaire Troadec, avec le quadruple assassinat de membres d’une même famille, est semble-t-il liée à un trésor familial en or. D’où provenait-il ? L’hypothèse avancée évoque le 18 juin 1940. Non pas l’Appel du général mais le jour où cinq navires, chargés d’or de 736 tonnes d’or, quittèrent le port de Brest pour Dakar. Une caisse, tombée à l’eau, aurait été récupérée peu de temps après. Dans la précipitation, alors que les bombardements commençaient à enflammer les réserves de carburant, comment s’étonner qu’une caisse ait pu soudain disparaître alors qu’il y en avait, au total, 22.669 à charger à dos d’hommes…

Devant l’avancée des Allemands, la Banque de France avait du reste déjà pris la précaution de mettre à l’abri l’encaisse-or de ses succursales les plus exposées à l’arrivée de l’ennemi. Des convois d’or avaient quitté les ports de Toulon et Verdon à destination d’Halifax (Canada) et New-York. La poussée des Allemands ne rencontrant pratiquement plus d’obstacles, ils foncent maintenant à travers le pays. La Banque de France donne alors l’ordre d’évacuation de ses succursales de l’Ouest à destination de Brest pour un transport outre-Atlantique.

Cinq navires aux noms exotiques

Du 30 mai au 16 juin, 60 convois ferroviaires arrivent ainsi en gare de Brest avec leurs milliers de caisses d’or bien sûr camouflées. Leur contenu n’est pas indiqué et tous ceux qui seront chargés de leur transport sont censés ignorer ce qu’ils ont sur le dos. La suite prouvera que non.

A l’arrivée de tous ces trains, l’or aurait dû être embarqué dans des bateaux. Mais ils ne sont pas là. Et avec le concours de la Marine, c’est dans la poudrière du fort du Portzic que toutes cette cargaison est entreposée, en caisses pour les lingots et en sacoches pour les pièces d’or. 150 marins et 150 hommes de corvée se chargent de tout transporter à dos d’hommes.

Le 16 juin, enfin, l’amiral Brohan répond aux demandes de la Banque de France en mettant à disposition cinq navires aux noms exotiques, venus d’Afrique : El Mansour, El Djezaïr, El Kantara, Ville d’Alger et Ville d’Oran. L’embarquement peut commencer, ce 16 juin à 17h30, mais on manque de camions pour accélérer les rotations. On travaille ainsi jusqu’à la nuit tombante.

Idem le 17 juin. Six camions abandonnées par les troupes anglaises dans leur fuite, sont remis en service et dans tous les véhicules, un garde mobile armé surveille le transport. Et tout se fait dans la précipitation.

L’or belge et polonais

Le 18 juin, il n’est plus question de tenir un registre précis pour savoir sur quel bateau est chargée chaque caisse, alors que les bombardements commencent et qu’on annonce la présence des premières troupes allemandes aux portes de la ville. Dans cette précipitation, la panique s’installe et certains hommes prennent la fuite. Comment savoir, dans cette noria précipitée, si une caisse est tombée à l’eau alors qu’il y a en a plus de 22.000 à embarquer et qu’on a distribué du vin et de l’eau de vie aux hommes exténués pour les aider à tenir…

Le 18 juin, à 17H30, les cinq navires peuvent enfin partir, direction Dakar, alors que les bombardements embrasent le port et que l’aviation allemande lâche ses premières mines magnétiques dans la rade que ce convoi parvient à quitter sans dommage. En cours de route, il sera rejoint par deux escorteurs le Milan et l’Epervier, ainsi que par le Victor-Schoelcher, parti de Lorient pour se joindre au convoi avec à son bord l’or belge et l’or polonais…

Du métal à la place de l’or

Cette cargaison aurait dû partir vers New-York. C’était le plan initial. Mais pour diverses raisons, elle prend la direction de l’Afrique, avec Dakar comme point d’arrivée. Là bas, l’agitation est telle que les responsables de cette expédition optent finalement pour Thies, à 70 kms de la capitale du Sénégal, où trois baraques gardées feront office de coffre-fort dans la désert. L’or est recompté et vérifié. On s’apercevra ainsi qu’une caisse venant de Laval ne contient que des pièces de métal. L’or a été subtilisé. Mais où ? Laval, Brest, Dakar ? Des marins seront également sanctionnés par de la prison avec sursis pour avoir subtilisé à bord des pièces tombées d’une sacoche. Mais la quasi-totalité de la cargaison est miraculeusement arrivée à bon port, après de telles péripéties . Elle sera un peu plus tard mise à l’abri au Soudan où durant la guerre, pas une once de cet or ne sera utilisée.

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