14-18 a aussi favorisé l’industrialisation de la Bretagne

Le Centenaire de l’Armistice de 14-18 a donné lieu à de nombreuses célébrations en Bretagne, région qui a payé un lourd tribut à cette guerre. Mais sur le plan économique, ce conflit a eu un effet positif sur la Bretagne, en raison de sa situation loin des la zone des conflits, en attirant des sociétés quittant une région de l’est fortement industrialisée pour une zone rurale mais protégée des soubresauts de l’histoire.

La Bretagne, à cette époque, était vouée à la culture et l’élevage, dans un contexte de fort taux de natalité, et l’industrie se limitait pratiquement aux chantiers navals et aux conserveries de poissons qui maillaient de grandes zones du littoral. Avec les bruits de bottes, nombre d’industriels quittent la zone du front pour d’autres régions françaises, en singulièrement la Bretagne avec Saint-Brieuc comme tête de pont puisqu’elle offre de nombreux atouts. Loin du front mais pas de Paris, elle est dans ce rayon de 400 kms autour de la capitale que les entrepreneurs de l’époque ne veulent pas dépasser. La ville est également bien desservie par le train et son port, les deux principaux moyens de transports de son époque, et si la main d’oeuvre n’a aucune formation, elle a le mérite d’être nombreuse et peu exigeante.

Des cadres et ouvriers du Nord viendront apprendre aux Bretons les bases de la métallurgie puisque c’est par ce secteur d’activité que l’industrie arrive au début de la guerre. En 1914, les frères Chaffoteaux quittent leurs Ardennes natales pour s’installer au port du Légué pour la production d’obus puis plus tard la fabrication de chaudières avec une effectif qui montera jusqu’à 2.000 personnes. Arrive aussi Lucien Rosengart, grand patron d’industrie, venant ici produire des boulons pour l’armement puis, plus tard, des pièces automobiles avec la légendaire course automobile Florio qui attira 200.000 personnes à Saint-Brieuc.

L’ère de l’industrialisation briochine était lancée, attirant de nombreuses sociétés parmi lesquelles les fameux pinceaux Raphaël, des entreprises de la métallurgie comme Sambre et Meuse, les Forges et Laminoirs, la société métallurgique de Bretagne, Chalos… avec des milliers d’ouvriers pour les faire tourner. Puis plus tard le Joint-Français dont la longue grève des années 70 fut un grand symbole du mouvement ouvrier et un paradoxe dans une région encore essentiellement rurale.

Saint-Brieuc était alors un fleuron de l’industrie lourde mais à son tour elle allait payer les affres de la désindustrialisation. Elle est sans conteste la ville bretonne qui a le plus souffert, à l’image du Nord ou de la Lorraine. Mais ici aucun plan de reconversion n’est venu tenter d’atténuer le choc de la mondialisation.

René Perez
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