Bretagne. La tentation des îles

Les îles bretonnes ne sont pas condamnées à l’inéluctable déclin qui leur semblait promis. Le festival Les Insulaires qui s’est déroulé ce week-end à Bréhat témoigne de la vitalité de cette quinzaine de confettis qui, de l’île d’Aix à Chausey, composent les îles du Ponant. La chute continue de leur démographie laissait entrevoir le basculement dans l’ère secondaire, celle des résidences du même nom qui peu à peu cannibalisent l’espace construit.

Mais la tendance n’est plus tout à fait la même depuis que les technologies nouvelles ont rompu le poids de l’isolement posé comme un couvercle sur le ciel des îles. Elles aussi, désormais, sont entrées dans le champ de la mondialisation connectées et on voit germer des initiatives jusqu’ici totalement incongrue. Comme cette société créée par deux femmes, sur l’ile de Groix, pour l’enseignement du numérique. Non point à destination exclusive de la population locale mais pour pour former des stagiaires du continent qui viendront sur l’île s’initier à toutes les subtilités des nouvelles technologies de communication. C’est un peu le monde à l’envers, tant la vie insulaire semblait inéluctablement arrimée à des activités du secteur primaire.

Tout devient possible sur les îles et ce n’est pas sans une certaine fierté que des entrepreneurs viennent de créer l’association « Savoir-faire des îles du Ponant » pour mettre en valeur toutes les activités économiques insulaires, bien plus nombreuses et inspirées qu’on ne le croit généralement, malgré les surcoûts générés par la vie sur une île. Ils ont choisi de la faire à la verrerie de Bréhat, l’une des entreprises labellisées et un bel exemple de maintien d’activité économique sur un territoire marin.

Du reste, ce nouveau souffle insulaire aura l’occasion de s’exprimer dans une publication qui vient d’être lancée et qui sous le titre « ILeS » propose de raconter la vie des îliens dans un semestriel de 200 pages. C’est dire si l’initiative est ambitieuse, portée par l’intérêt que suscitent aujourd’hui les îles. Avec une traduction insolite : une trentaine de couples se sont déjà portés volontaires pour venir à leur tour s’installer sur l’île de Quéménès et y vivre une vie de Robinson, comme l’a fait durant dix ans le couple précédemment en place, sous l’égide du Conservatoire littoral. La tentation des îles nous habite tous plus ou moins. Mais ici aussi les Robinson seront connectés, ce qui relativise la solitude insulaire. Et donne aux îles du Ponant des raisons de croire à de nouveaux horizons.

René Perez
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